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DEMODECIE
ou « Gale démodécique », « démodécidose »,
« acariose démodécique »
La démodécie est une ectoparasitose
fréquente, due à la présence d’un grand nombre d’acariens du genre Demodex
dans la peau
(follicules pileux surtout, glandes sébacées et sudoripares apocrines
parfois). Demodex
canis est le
plus souvent responsable.
La transmission des acariens de la mère aux chiots
a lieu dans les premières heures de vie. Il s’agit d’un acarien commensal
de la peau du chien et il se trouve souvent en petit nombre chez les chiens
sains.
Races concernées : Doberman, Dogue Allemand, Shar Pei,
Bobtail, Chihuahua, Beagle, West Highland White Terrier, Scottish Terrier,
Yorkshire, Colley, Lévrier Afghan, Chow-chow, Berger
Allemand, Cocker,
Pointer, Dalmatien, Bulldog, Boston Terrier, Teckel, Boxer, Carlin, Braque
Allemand, Caniche nain, Shih Tzu, Mâtin de Naples, Bull Terrier, American
Staffordshire Terrier, Rottweiler, Bouledogue Français, Dogue de Bordeaux,
Terre Neuve.
Déterminisme génétique : Les facteurs prédisposant
intrinsèques sont principalement la race, l’âge et surtout l’hérédité.
Il y aurait en effet transmission héréditaire d’une
immunodéficience spécifique des lymphocytes T vis-à-vis de Demodex,
à l’origine de leur multiplication. Cette transmission se ferait sur un
mode autosomique récessif.
Les facteurs extrinsèques sont l’hygiène de la peau, l’existence
de désordres alimentaires ou un traitement immunodépresseur.
Examen clinique :
- Démodécie localisée : c’est la
plus fréquente chez le jeune chiot de 3 à 11 mois. La forme nummulaire se
caractérise par l’apparition de zones alopéciques (à « l’emporte
pièce ») d’un diamètre compris entre 1 et 5 cm avec des squames ou un
érythème. On observe fréquemment des manchons pilaires qui viennent
agglutiner les poils. Le prurit est absent. Ces lésions sont en général
localisées au niveau de la face, autour des yeux : lunettes démodéciques et
en zone péribuccale. 90 % des cas ont une guérison spontanée.
La forme diffuse ou multifocale se rencontrent dans certaines
races (Bobtail, Boxer et Doberman). Les lésions sont plus extensives et elles
sont caractérisées par un érythème, des comédons, une séborrhée, un fin
squamosis et parfois une hyperpigmentation secondaire.
- Démodécie généralisée : Elle apparaît à la suite
de l’extension d’une forme localisée. Les signes cliniques sont très
variables : zones étendues d’alopécie avec érythème, état
kératoséborrhéique, pustules, papules, croûtes et ulcérations. Une
furonculose survient après rupture des sacs folliculaires, une hyperkératose
folliculaire est présente (comédons).
Un prurit peut être observé et les
surinfections bactériennes (pyodermite) sont fréquentes (Staphylocoques,
Pseudomonas, Proteus). On note une atteinte de l’état général du chien :
abattement, anorexie, léthargie, fièvre. L’animal peut décéder. Des
lésions de pododermatite avec oedème podal et nodules ulcérés peuvent
être rencontrés et sont graves.
Diagnostic : Il est en général facile. Il se réalise
par la mise en évidence d’adultes, de formes immatures ou d’oeufs sur des
raclages profonds multiples jusqu’à la rosée sanguine (il faut presser la
peau avant de racler afin de faciliter l’expulsion des acariens hors des
follicules pileux).
Il est nécessaire d’en observer un grand nombre.
Lorsque la dermatose est chronique ou qu’elle se localise sur des sites
difficiles à racler, il est préférable de réaliser une biopsie cutanée.
Pronostic : Il est bon lors de démodécie localisée ou
de démodécie sèche, bien que cela dépende de l’extension et de la
gravité des lésions. Le pronostic est réservé lors de pyodémodécie.
Diagnostic différentiel : Dermatophytose, alopécie des
robes diluées, adénite sébacée, pyodermite superficielle et profonde,
cellulite juvénile, dermatose répondant au zinc, alopécie post-injection,
alopecia areata, infection fongique profonde, pemphigus foliacé, mycosis
fongoïde, toxidermie.
Prophylaxie : Une composante génétique étant probable, il est
recommandé de ne pas faire reproduire les chiens atteints de démodécie
généralisée.
Je remercie
Karen Charlet, auteur d'une thèse rédigée en 2004 de m'avoir
autorisé à publier cet extrait.
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